BENOIT DECQUE

.
—› CV / CONTACT
—› REPORTAGES VIDÉO
—›
REVUE DE PRESSE


TRAVAUX

—› PEINTURES
—› DESSINS
—› INSTALLATIONS PAYSAGÈRES
—› INSTALLATIONS URBAINES
—› INSTALLATIONS MURALES
—› INSTALLATIONS
—› PERFORMANCES
—› CURIOSITÉS
—› CURIOSITÉS ARCHITECTURALES


.



. . .





AU DELÀ DES NUAGES… un jardin.


“Perche nelle cose confuse l’ingenio si desta a nuovi inventione”.
Parce que dans les choses confuses l’esprit trouve matière à de nouvelles inventions.
Léonard de Vinci - Traité de la peinture.


1- L'itinéraire du promeneur ou une manière de montrer un jardin. 1
… on ira sur le “parvis”, il faudra s’y arrêter. Peut-être voudra-t-on contempler les “parterres”, mais tout de suite on devra se rendre à l’évidence: la vue est bloquée par une nébuleuse dont la consistance et les contours apparaissent incertains. Un “morceau de nature” refusant de se laisser dompter…? Un “bosquet” à l’état premier…?
Un esprit peu enclin à l’enchantement d’une telle énigme ordonnera un “débroussaillage” immédiat, un autre, plus curieux, sera tenté par une exploration: il se rapprochera de ce “nuage”, peut être jusqu’à le toucher. Il aura la chance d’y découvrir une “faille”: un passage. S’y engagera-t-il?
Pour celui qui y tentera une incursion, il se retrouvera à “couvert” à l’intérieur d’un réseau serré, presque mystérieux, fait d’une intrication de rameaux et branchages divers sur lesquels se développent de volubiles entrelacs végétaux. Une découpe faite de ciel lui indiquera un “débouché” possible. L’épreuve surmontée, la situation est nouvelle, peut-être déstabilisante; il désire la vivre. Ses sens en éveil, il se sent apte à appréhender ce monde qui s’offre à lui. Il prend conscience qu’il vient d’entrer dans un jardin, un “jardin d’intimité” presque carré bordé “d’arbres d’ornement” presque ronds. Il se laisse tombé sur le “banc” disposé là, sans doute à son intention. Maintenant les “parterres” s’offrent à lui: ces parterres fait de “nervurations” fleuries et de “découpés” odorants. Peut-être découvrira-t-il cette ramification d’“allées” lilliputiennes qui l’invitent à parcourir avec précaution ce nouveau “domaine”, son domaine…?
Se rappellera-t-il de celui-là même qu’il a décidé d’abandonner?
Se retournera-t-il vers ce “nuage” qu’il vient de traverser?
En découvrira-t-il la vraie nature? 2

Benoît DECQUE, octobre 1999
9ème FESTIVAL INTERNATIONAL DES PARCS ET JARDINS DE CHAMONT-SUR-LOIRE.
1- Toutes ressemblances avec des intentions et des descriptions de parcours à l’intérieur de jardins ayant existé en d’autres lieux et à d’autres époques ne seraient que fortuites et tout à fait indépendantes de notre volonté.
2- En ce qui concerne la nature et le rôle du “nuage”, nous nous référons ici au livre de Hubert Damish, la Théorie du nuage (1972) où l’auteur nous montre comment les peintres de la Renaissance abandonnent le cloisonné du Moyen-Age pour mettre en scène cet élément hors la norme qu’est le nuage. Le but était de faire cohabiter sur une même toile - dans un tout cohérent - le sacré et le réel, le céleste et le terrestre.
2- Les trois échelles ou une manière de dessiner un jardin.
La composition générale de ce jardin - au delà des nuages - repose sur une combinaison de trois échelles de végétaux qui nous sont familières: le parterre, l’arbre d’ornement et le bosquet.
• Echelle 1: Le parterre.
Ici les “parterres” sont une alternance de nervurations fleuries, découpés odorants et allées lilliputiennes.
- Les “nervurations” fleuries sont curvilignes, elles sont disposées parallèlement au grand côté de la parcelle. Elles ont une hauteur de 50 cm environ et sont distantes les unes des autres d’environ 2 mètres. Elles sont faites de branchages “piqués” sur lesquelles se développent en horizontal des plantations volubiles.
- Les “découpés” odorants sont faits de branchages “couchés” qui dessinent au sol des motifs et des cloisonnés presque géométriques dans lesquels se combine un ensemble de plantes odorantes.
- Les “allées” lilliputiennes sont des lignes de 10 à 20 cm de large, parfois interrompues ou discontinues, disposées en ramification et qui parcourent discrètement et délicatement l’ensemble des “parterres”.
• Echelle 2: L’arbre d’ornement.
Dans notre projet les “arbres” d’ornement - au nombre de cinq - délimitent sur deux de ses côtés ce que nous avons appelé le “jardin d’intimité”.
- Les “arbres” d’ornement sont des “boules” d’environ 2 mètres de diamètre, faites de branchages tressés - sphères presque parfaites en référence à l’art de la taille - sur les quelles se développent des plantations volubiles.
- Le “jardin d’intimité” est un espace presque carré d’environ 6 à 7 mètre de côté, son sol est un tapis de fruits/graines d’eucalyptus. Sur ce carré est installé un banc fait d’un empilement de billots d’eucalyptus.
• Echelle 3: Le bosquet.
Le bosquet a toujours été un élément énigmatique. Trace de la forêt première…? Nature refusant de se laisser dompter…?
Ici dans notre projet, cette échelle est mise en scène dans un élément qui prend toute son importance: nous l’avons nommé “nuage”, en référence au texte de Hubert Damish cité plus haut.
- Le ”nuage”, d’une dimension imposante 10 à 12 mètres de large, 6 à 7 mètres de profond et 3 à 4 mètres de haut, est fait d’une intrication complexe de branchage sur laquelle se développe cette même végétation volubile.
- La “faille” est le passage qui nous permettra de traverser le “nuage”, elle fait environ 2 mètres de large et 2 mètres de haut. Son sol est une levée de terre d’environ 20 cm sur laquelle se déroule un tapis de bois d’eucalyptus.
3- Note sur le matériau.
• La structure des éléments constitutifs du projet est assurée par un matériau unique: le branchage. L’élagage d’arbres feuillus courants (hêtre, charme, platane…) produira en abondance ce matériau. Les dimensions de chaque branche varieront de 1 à 4 mètres de long et de 1 à 5 cm de diamètre.
La mise en œuvre de ce branchage est déclinée selon quatre thèmes: le branchage intriqué pour le “nuage”, le branchage tressé pour les “arbres” d’ornement, le branchage piqué pour les “nervures” fleuries et le branchage couché pour les “découpés” odorants des parterres.
Les branchages intriqués seront cintrés et liaisonnés entre eux par ligature, l’ensemble sera fixé au sol par des perches (toujours en branchage) traversant obliquement l’ensemble.
Les branchages tressés seront organisés à partir d’éléments parfaitement circulaires - construits sur des gabarits au sol - et organisés en sphères presque parfaites fixées au sol par des perches traversantes.
C’est cette unicité de matériau et cette variation de mise en œuvre qui participe à la cohérence de la composition d’ensemble.
4- Note sur le végétal.
• L’effet de masse du “nuage” et des “arbres” comme celui de continuité des “nervures” sera assurer par des plantes volublies dont la périodes de floraisons s’étalera entre juin et octobre. La couleur sera le blanc. Quatre essences ont été retenues:
- Calystegia sepium (Liseron). Floraison de juin à septembre - blanc.
- Phaseolus albiflora (Haricot d’Espagne). Floraison de juin à septembre - blanc.
- Cobæe scandens alba (Cobée). Floraison de juillet à septembre - blanc.
- Ipomoea purpurea (Ipomée, Volubilis). Floraison de juillet à octobre - blanc.
• Les “découpés” seront plantés de plantes aromatiques et odorantes. La composition définitive sera faite en fonction des différentes fragances retenues. En contraste avec le blanc unique des plantes volubiles, la couleur fera ici son apparition. Les diverses variétés de ces plantes s’associeront pour créer des motifs colorés dont le dessin suivra l’organisation des branchages couchés. Quelques essences ont été retenues (liste non arrêtées):
- La Sauge: Sauge pourpre - floraison bleu-violet. Salvi grahamii - floraison rouge.
- La cataire: Neptae faassenii - floraison bleu-violacé.
- La Monarde: Monarda didyma - floraison rose vif.
- La Sariette: Satureja - floraison jaune pale.
- Viendront compléter cette composition la menthe, l‘anis, l’origan, la mélisse …
[PROJET NON RETENU]



Land-art
Kunst im öffentlichen Raum
Kunst im urbanen Raum